|
|
 |
 |
Uemoa
La marche vers une zone économique unique
Le Sénégal représente avec la Côte d'Ivoire un des pays phares de l'Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). C'est une zone qui regroupe huit pays, sept francophones et un lusophone, ayant pour monnaie commune le franc CFA. L'Uemoa est née au lendemain de la dévaluation du franc CFA, le 14 janvier 1994.
Elle représente aujourd'hui en Afrique la forme la plus élaborée d'intégration sous-régionale. Les Etats membres ont été aidés en cela par l'existence auparavant d'une monnaie commune, le franc CFA, mais également par la volonté politique des chefs d'Etats membres. Celle-ci se traduit aujourd'hui par un espace économique quasiment intégrée et un marché, dont le potentiel pourrait en faire une zone incontournable en Afrique. L'Uemoa représente un marché de 70 millions de consommateurs avec un PIB de 13.000 milliards de francs CFA. Jusqu'en 2000, le taux de croissance moyen de la zone était l'un des plus élevé dans le monde. Ce potentiel de croissance pourrait être accru grâce à l'accroissement des échanges induit par la mise en place du marché unique et des politiques sectorielles communes.
En effet, depuis janvier 2000 l'union douanière est devenue une réalité avec la construction d'un tarif extérieur commun (TEC). Le TEC a été accompagné par un désarmement tarifaire important, le taux de droits de douanes le plus élevé dans la zone est de 22,5 %. Ce qui est une performance remarquable dans des pays en développement. Les Etats membres de l'Union ont en outre harmonisé leurs législations : fiscalité, droit des affaires, système comptable… Maintenant, place aux politiques sectorielles. A ce titre, la Commission de l'Uemoa, organe exécutif de la communauté a adopté au nom des Etats membres des politiques communes en matière agricole, industrielle, infrastructurelles, environnementale, commerciale. Exemple dans les infrastructures de transport, dans trois ans toutes les villes de grande importance des Etats membres seront interconnectées par la route pour un coût de 1300 miliards de francs.
L'Union constitue une grande opportunité pour le Sénégal. Le pays représente à peu près 20 % de la richesse de la région et y dispose l'un des tissus industriels les plus élaborés.
Tourisme
Des plages, du soleil et de la volonté
Le groupe Hilton va bientôt s'installer au Sénégal, avec la construction d'un complexe hôtelier de catégorie cinq étoiles, basé sur le concept du Hilton meetings. Une première, qui concorde avec la stratégie d'un tourisme de haut de gamme que les autorités gouvernementales veulent privilégier. Normalement en 2005, le complexe devrait commencer ses activités avec un investissement de 38 milliards de francs. Un montant qui représente à peu près le niveau des intentions d'investissement dans le tourisme depuis quelques années. C'est la raison pour laquelle le Sénégal dispose aujourd'hui de receptifs de qualité.
L'offre touristique représentait en 2001 environ 18.300 lits pour près de 260 établissements. Cette capacité est remplie en moyenne de 50 % au cours de l'année. Mais le taux de remplissage devrait s'améliorer avec une progression moyenne d'environ 6 % par an de la demande. Une stratégie de promotion est en train d'être mise en œuvre pour une meilleure visibilité de la destination Sénégal dans le cadre d'un plan directeur de développement intégré. Ce plan prévoit l'aménagement de nouveaux sites, la diversification des produits et des marchés et la promotion d'un tourisme de luxe et la charterisation.
Le Sénégal devrait encore déployer plus d'énergie sur un secteur qui pourrait donner une meilleure satisfaction. Le pays dispose d'atouts naturels pour le développement touristique : 220 km de plages, un climat clément, du soleil, une population réputée accueillante et une paix sociale. Ces prédispositions doublées d'une stratégie de promotion cohérente pourraient accroître la fréquentation annuelle de 500.000 à 1 million de visiteurs.
Apix
Objectif 48 h
Comment le Sénégal doit-il procéder pour rejoindre le rang des pays émergents ? Très simple, il faudrait que l'économie absorbe des taux d'investissements de 25 %. Cela signifie qu'il faut attirer les flux de capitaux étrangers et mobiliser l'investissement privé domestique. Ce pari, l'Agence nationale chargée de la promotion de l'investissement et des grands travaux (Apix) s'engage à le réaliser sur la décennie.
L'Apix incarne une nouvelle vision d'un Sénégal tourné vers la modernité. En témoigne son fonctionnement, qui s'apparente à celui d'une entreprise du secteur privé. Directement rattachée au Président, l'agence a défini des objectifs précis en mettant en œuvre des moyens importants en ressources humaines et financières.
Près de 4 milliards de francs CFA sont engagés par l'Apix pour relooker l'image du Sénégal pour attirer les investisseurs. Le premier combat de la jeune agence, a été de s'attaquer à la lourdeur administrative en matière d'investissement. Mission accomplie. Aujourd'hui, un promoteur obtient son agrément au Code des investissements en deux semaines, plus de deux mois il y a tout juste deux ans. L'objectif est de ramener ce délai à 48 heures sous peu. L'agence se charge également de mettre en œuvre les grands projets d'infrastructures de l'Etat. Il s'agit notamment du projet d'aéroport international d'un coût de 300 milliards de francs CFA.
Par ailleurs, un Haut conseil des investissements devrait être installé pour définir les lignes de la politique d'investissement au Sénégal. Présidé par le chef de l'Etat, il sera composé d'investisseurs locaux, de patrons de multinationales implantées au Sénégal, d'investisseurs étrangers ayant un intérêt potentiel pour le pays. Tous ces dirigeants choisis pour leur stature internationale aideront le président sur des questions de politique interne et lui donneront une idée de l'évolution des marchés. Ce conseil aura la lourde tâche d'accélérer les mesures visant à lever les entraves aux réformes pour améliorer le climat des affaires.
Nouvelle inititive africaine (Nepad)
Les Africains prennent en main leur destin
" Le continent sans espoir ". C'est en ces termes peu glorieux que le très influent magazine économique The Economist présentait l'Afrique en 2000. Il faut dire que les statistiques du continent sont loin d'être reluisantes. À titre d'exemple, 45 % des Africains vivent dans la pauvreté absolue. Au cours de 2001, prenant conscience de l'énorme retard de l'Afrique des dirigeants africains ont pris l'initiative de présenter des plans de développement procédant d'un esprit tout à fait nouveau. C'est ainsi que les présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Thabo Mbeki de l'Afrique du Sud, Olusegun Obasanjo du Nigeria et Abdel Aziz Bouteflika de l'Algérie proposèrent le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad).
La Communauté internationale a accueilli avec un grand intérêt cette initiative. Cinq chefs d'Etats africains seront d'ailleurs invités au sommet du G8 à Gênes en Italie pour présenter le Nepad. Succès réel, qui sera suivi par une onction du secteur privé international pour le Nepad, lors d'une rencontre à Dakar. La conférence de Dakar regroupait près d'un millier de responsables du secteur privé international.
Pour aller au-delà des plans de développement conçus depuis des décennies, les pères du Nepad ont défini un ensemble de dix objectifs. Tout d'abord la bonne gouvernance publique, qui est l'un des piliers du Nepad (institutions démocratiques, respect des droits humains, transparence dans la gestion publique…). Il faudra ensuite sécuriser le climat des affaires par une meilleure protection des investisseurs privés, sans qui le Nepad serait un échec.
Pas de développement sans infrastructures. Des routes, des chemins de fer, des ports, des aéroports, des télécommunications performantes… représentent également l'un des objectifs clef du Nepad. L'éducation et la formation s'inscrivent également dans les objectifs de l'initiative des chefs d'Etats pour le développement. En plus de l'accroissement du capital humain, la santé sera un pari important dans la mise en œuvre du Nepad. L'Afrique doit en outre combler le gap qui le sépare des pays industrialisés dans le domaine des nouvelles technologies, afin de connecter son économie au reste du monde.
L'agriculture représente l'autre priorité du Nepad, car la situation alimentaire du continent est loin d'être enviable. L'environnement, l'énergie sont les autres composantes sectorielles sur lesquelles la Nouvelle initiative africaine met l'accent. Enfin, cette initiative ne pourrait aboutir, que si les pays pauvres de l'Afrique auront accès aux marchés des pays développés.
Le Nepad est un plan ambitieux qui devrait mobiliser plus de 200 milliards de dollars pour son financement. L'originalité d'un tel plan, c'est qu'il sera financé par le secteur privé international. C'est en ce sens que ses initiateurs parlent d'un partenariat, car le financement ne proviendra pas de l'aide publique au développement.
Source : Le Journal de l'Economie
|
 |
|